Maison de la Truffe et du Vin - Ménerbes

 

Éric BERIDON
Invité d'honneur

Ce travail n’est pas dans la lignée des peintres de la transformation. Je ne voulais pas asservir la peinture, le dessin avec des mélanges de couleurs ou de formes. Je trouve le procédé trop démonstratif, trop dans la virtuosité technique.
Je ne désirais pas non plus être dans la lignée de travaux plus conceptuels où l’émergence de l’idée prime sur l’environnement. Trop prétentieux au regard de la nature.

Ce qui comptait, c’était de garder l’essentiel de mon travail en trois dimensions - sculptures - à savoir laisser à la nature son pouvoir créatif, tout en réduisant au maximum mon intervention. Réunir dans un même processus le corps et l’esprit, la nature et la civilisation et non plus les opposer.

Le feu comme la rouille est un processus de destruction naturel. Il contient aussi le paradoxe de la vie et de la mort, de l’obscurité et de la lumière, du noir et de la couleur.

J’utilise son empreinte associée à mon intervention sous forme de pigments de couleurs déposés. Ces derniers représentent le vivant et viennent faire vibrer le noir, synonyme de mort matérielle.
Enfin, la toile présentée à la verticale modifie la position naturellement horizontale du feu. Sa perception s’en trouve différente, et l’on se sent plonger dans la matière comme une empreinte de nous-mêmes.
Éric Béridon
 
 

Alain BOURABAH
 
Peindre est pour moi l'expression du sacré au travers de notre intime.
L'art, c'est l'humain "à l'état pur", qui touche à l'essentiel, touche à nos sens... Comment expliquer que devant une toile, s'impose la surprise rare qui consiste  à "entendre" une musique, qui jaillit de la toile, sans qu'on le décide, et pénètre notre silence intérieur ?
C'est alors l'acte d'amour qui permet la rencontre, parfois douloureuse, avec ce qu'il y a de plus profond chez l'autre...   


 

Nathalie D'HÉNAUT
 
Les visages m’intéressent dans leur diversité, dans leur mystère. Je les dessine pour mieux les approcher, mieux les connaître.

Sans pensée articulée, j’essaie de ne pas lever le pinceau, d’être dans un seul et même élan.

Le trait se déploie sous ma main et s’entortille pour devenir figure, visage. Comme un fil d’Ariane qui me conduirait au mystère humain. À l’essence même des personnes choisies.

Le trait est une manière plus spontanée pour moi de trouver la justesse d’une émotion, sa vibration, sa vérité.

Le trait est dynamique. Souvent il se suffit à lui-même.
La palette utilisée participe au mystère. Des tons éteints pour mieux brouiller les pistes…

Donner sans tout dévoiler. Imaginer ce qui n’est pas montré, voilà le sens de ma démarche artistique.
Nathalie D'Hénaut 
 

EBAN

La peinture d'Eban est la rencontre de deux mondes: l'Asie millénaire et la vieille Europe.
Par ailleurs le monde végétal, mais également minéral représente d’importants repères dans ses recherches picturales en aquarelle.

L’acrylique à son tour lui ouvre de nouvelles perspectives: jeux de couleurs et de matières, choix des formats, le bonheur de peindre sur de grandes toiles où le geste est large et libre. Chaque tableau se transforme en recherche d’une nouvelle expression.
Eban
 
Marie EMERY

Souvent nous aimerions oublier nos pertes : images, traces du passé reléguées au fond de nos mémoires, papiers griffonnés, jetés, déchirés, en sommeil ailleurs.

Je glane ces papiers en attente au fond des corbeilles, au sol de l'atelier... Débris maltraités, écrasés, menacés de disparition, porteurs d'histoires anonymes. Ils deviennent matière à pétrir, laver, blanchir, entailler, objet d'une lente métamorphose qui nous donnera à voir l'essentiel... peut être.
Marie Emery
 
Markus NINE, sculpture
 
C’est à travers le corps humain que Markus NINE a choisi d’exprimer son désir de partage.
Formé à l’histoire de l’art à l’école du Louvre, il s’est affranchi de l’académisme, après un passage à l’école des arts appliqués de la Ville de Paris, en s’orientant vers une sculpture brute et sensuelle.

Si le corps est le fil directeur de son œuvre, Markus NINE a choisi, après la terre, de travailler des matériaux plus forts, grillage, résine et pigments naturels.

Des bases quasi-industrielles pour mieux restituer les mouvements, tout en exprimant leur grandeur. Le sculpteur modèle l’enveloppe charnelle à la fois pour démystifier certaines souffrances, mais aussi pour transcender l’âme de ces corps étirés ou ramassés. Un homme à tête de gazelle ou un autre qui crie, une reine africaine hiératique ou un torse, tatoué ; tous sont unis par une force visible, qui cherche à s’affranchir du destin, du fatum.

Markus NINE ne joue pas avec le minimalisme, ni avec le négativisme, il exprime juste  un  art brut. L’essentiel est dit.
Hors l’intellectualisme, l’artiste a su trouver la voie de la simplicité, celle du cœur. L’âme est alors induite dans la matière.
J.S.
Markus Nine
 

Katy SERRA
 
On entre dans sa peinture comme par effraction … On dérange l’immuable figé par les siècles. Aucun souffle ne perturbe la quiétude des lieux. Aucune présence ne déflore ce que le temps a façonné. C’est le calme.

Des coins à l’abandon, laissés au sort du temps sont caressés par une lumière divine. Parfois écrasante, parfois filtrée, elle est le seul indice de vie.

L’obscurité n’oppresse pas, tout au plus elle dissimule une présence amie. Une paix mystique environne le spectateur fasciné par l’intimité de la scène. La simplicité devient magie. Chacun de ses tableaux est une tranche de temps immobilisé.
Bernard Haupt


 
 
 

Chapelle Saint-Blaise - Ménerbes

 
Myriam di LORENZO

De la musique des mots  aux pigments de la couleur...
C’est le fil rouge  que j’ai choisi pour cette exposition à la Chapelle Saint-Blaise à Ménerbes. Ce lieu me semblait en effet tout indiqué pour montrer mon cheminement intime, entre poésie et peinture. Car il arrive que les mots des poètes se mêlent aux pigments de la peinture. Parfois du tableau, ils  sont le point de départ. Pour d’autres toiles, nées d’une nécessité intérieure dont le mystère et la compréhension me dépassent, c’est le travail achevé que le lien avec une oeuvre écrite m’est apparu comme une évidence...
 
Un poète doit laisser des traces de son passage, non des preuves. Seules les traces font rêver...” disait René Char.
Portée par les mots et les traces de Pessoa, Beckett, Celan, Jabès et d’autres encore, j'ai essayé de transmettre mon émotion et ma gratitude.
Myriam di Lorenzo

                 

 (Toutes les photos des oeuvres des artistes sont agrandissables)

       

 

Découvrir les artistes présentés aux

Rencontres des Toiles

du 10 mai au 11 juillet et du 6 septembre au 31 octobre

 
 
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