Nicolas de Staël


Issu d'une famille aristocratique russe, Nicolas de Staël, formé à l'Académie Royale de Bruxelles, fait une apparition fulgurante au cœur des contradictions de la peinture de l'après-guerre à Paris, dominée par la renaissance de l'art abstrait. Influencé par Magnelli et Domela pour ses premières œuvres, Nicolas de Staël ne pouvait rien ignorer de ces conflits et de ces débats. Il reçoit les conseils de Fernand Léger et est influencé par Georges Braque.

Chez Nicolas de Staël, néanmoins, l'abandon de l'aplat, la dramatisation de la composition par le recours à de violents contrastes lumineux, l'usage des tons rabattus, le distinguent de ses prédécesseurs. Il n'hésite pas à distinguer soigneusement fond et formes, à placer sur l'avant plan des formes enchevêtrées comme des architectures fantastiques, à suggérer leur matérialité par des bruns assourdis, des blancs crayeux, des gris tendres et incomparables, des noirs profonds pour mieux les faire vibrer de l'intérieur à l'aide d'éclats de rouge ou de bleu !

Dans son aspiration à s'inscrire dans la lignée d'une "grande peinture", digne de Rembrandt, Vélasquez ou Courbet, il cherche à dépasser l'opposition abstraction - figuration.
Il est évident que même si rien n'est reconnaissable dans les formes employées, il ne s'agit pas à proprement parler d'abstraction. "Abstraction, néant !" inscrit-il en marge d'un manuscrit, afin de refuser l'utilisation du terme, qu'il juge inadéquat à son travail.

Dans une étape ultérieure, les compositions s'organisent en pavés de couleurs, comparables aux tesselles d'une mosaïque. Son dessein ultime est de capter la vibration du monde, au nom de ce qu'il appelle "l'humilité visuelle". C'est au nom de cette humilité qu'en cette fin de 1951, il fait basculer son œuvre vers une figuration explicite.

Il se trouve alors à Antibes, où durant deux saisons, un automne, un hiver, il se confronte à son art et à la solitude aussi. Ses dernières lettres témoignent de son angoisse de ne pas réussir à retenir l'univers dans les filets de ses toiles.

Le 16 mars 1955, Nicolas de Staël met fin à ses jours. L'exposition qu'il préparait pour le mois de juin au Musée d'Antibes s'ouvrira tristement sans lui.
C'est précisément dans ce musée que se trouve symboliquement "Le Concert", resté inachevé.

Une rétrospective de son œuvre - qui compte quelques milliers de toiles - a eu lieu à Paris au centre Pompidou en 2003.



 

Andy Warhol


Né le 6 août 1928 à Forest City en Pennsylvanie, d'un fils d'émigré tchèque et d'origine modeste, Andy Warhol s'installe à New York en 1949, un diplôme de Bachelor of Fine Arts en poche.

Il est d'abord connu comme brillant publicitaire, avant d'exposer et vendre ses toiles avec autant de succès.

Ses deux carrières de publicitaire et d'artiste sont étroitement liées, tant au niveau des techniques employées que des thèmes abordés. Ses célèbres photographies symbolisent la standardisation et la consommation de la nouvelle société américaine des années 60.


The Factory

De 1963 à 1968, "The Factory" fut le studio mythique d'Andy Warhol, situé 231 East 47th Street, à  Midtown Manhattan, New York. Des oeuvres  majeures y ont vu le jour.

               


Sacré « prince du Pop Art », Andy Warhol, peintre, illustrateur et cinéaste, a marqué la seconde moitié du 20ème siècle par une démarche artistique pionnière dans les arts graphiques particulièrement.

Véritable idole des sixties, ami de Lou Reed et Mick Jagger, Andy Warhol et son égérie Patti d'Arbanville ont inspiré à Cat Stevens une chanson mythique que chacun garde en mémoire. Entouré d'amis émergeant de milieux artistiques divers, il a réussi l'inimaginable : sortir l'art des musées pour le transformer en objet de consommation courante.

Fasciné par les stars d'Hollywood, il a acquis dans ce milieu une notoriété rapide grâce à l'ensemble de ses portraits (Mao, Marilyn Monroe, Liz Taylor, Elvis Presley, Mick Jagger ou Kennedy), qui furent ainsi créés d'après un négatif agrandi obtenu à partir d'une photo polaroïd.

Cet homme à l'allure excentrique révéla dans de nombreuses interviews une intelligence déconcertante et beaucoup de dérision.

Il créa un style particulier, en associant des techniques de reproduction avec le graphisme, le dessin et la peinture et ce, en utilisant des matières simples comme le papier, la toile, les acryliques en sérigraphie.

Dès les années 80, les œuvres de Warhol atteignirent des sommes folles et les musées se les arrachèrent.

Aujourd'hui, ses créations ont été plusieurs fois jusqu'à dépasser les 4 millions de dollars dans des ventes aux enchères.

Mort à New York le 22 février 1987, Warhol fut le représentant d'une époque de grandes mutations, tant technologiques que politiques. A travers son art, il exprima une nouvelle interprétation ou vision de l'existence. Warhol est devenu un mythe et surtout le roi du Pop Art qui a révolutionné le marché de l'art depuis les années 80.

En 1990, s'est déroulée une rétrospective Andy Warhol au Centre Pompidou, laquelle a attiré plus de  300 000 visiteurs.

Sans aucun doute, Warhol fut un véritable créateur qui associa l'art à la publicité, et qui fit de la publicité un art.

Pittsburgh possède un grand musée consacré à Andy Warhol, originaire de la ville.
                                             
                                           

 

Paul Morand


Paul Morand est né le 13 mars 1888 à Paris, d’un père haut fonctionnaire et ami de peintres et musiciens. Il fréquentera ainsi très tôt Rodin, Gounod, Massenet ou Camille Claudel.

Etudiant en Sciences Politiques et en Droit, il termine ses études à Oxford puis Paris.

En 1913, il est reçu premier au Concours des Ambassades et part pour Londres pour son premier poste d’attaché. Il y fit ses premiers pas en littérature avec deux recueils de poèmes avant de se découvrir un talent de nouvelliste.

Il fréquente aussi bien les arcanes diplomatiques que les salons d’avant-garde, et rencontre ainsi Jean Cocteau, Marcel Proust.


Il commence à écrire des nouvelles et se présente comme un écrivain de la modernité. Il capte les miroitements de son époque, ses charmes, ses crises. Il connut la célébrité dès 1922 avec Ouvert la nuit, Fermé la nuit, Paris-Tombouctou, La Route des Indes,… autant de chroniques qui peignent l’inquiétude européenne de l’entre-deux guerres et évoquent les lieux que cet infatigable voyageur a traversés.

 

Sa curiosité et son esprit de synthèse en font un journaliste, un sociologue et un moraliste de première dimension : il sera l’écrivain fou des Années Folles.

 

A l’écart de la seconde guerre mondiale, il s’exilera en Suisse, puis sera réintégré en 1955 aux Affaires Etrangères. Il est élu à l’Académie Française le 23 mars 1969 par Jacques Chastenet.

Sa carrière littéraire sera très féconde : plus de cinquante livres constituent son œuvre. Il décèdera à Paris en 1976.

  

  

 

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